CENTRO CULTURAL SAN FRANCISCO SOLANO

Salima Feddal *France

La paix dans l’âme

 

Dans un indescriptible élan, comme un irrépressible frisson,

Parfois, la paix se lève et cherche son vent.

Sans bruit, elle traverse la poitrine,

Dénoue les rancœurs et leurs vieux câbles vengeurs.

À chaque souffle, un nœud se rompt,

Dans la fibre de la bête tapie dans les côtes,

Le sang retrouve sa note !

 

Je tends aux miens, enfants, proches et amis

Les couleurs de jours réparés,

Comme des nids de tendresse bercée par le chant d’une rivière apaisée.

Aux voisins, aux lointains, aux contraires,

J’envoie une parole qui n’a pas d'armure ni de drapeau,

Juste la chaleureuse étreinte d'un manteau,

Assez douce pour ne froisser personne,

Mais assez vive pour dissoudre les fardeaux,

Pour que la rencontre respire.

 

Même l'autre qui nous plonge dans l'enfer des blessures de l'âme,

Et qui emprisonne nos joies sans remords,

Et envahit nos nuits de rêves gores,

Reçoit sa part,

Un espace où la haine décroît,

Comme un métal rouge plongé dans l'eau séculière

De la nature en régénérescence.

 

La paix n’est pas un miracle insaisissable.

Elle se sculpte dans les cicatrices.

C’est un travail de chair et de mémoire,

Dans l'espace fragile

Qui détourne nos destins

Du bord de l'abîme.


Salima Feddal, Francia

Paz en el Alma

 

En una oleada indescriptible,

como un escalofrío irreprimible,

a veces, la paz surge y busca su viento.

Silenciosamente, cruza el pecho,

desatando resentimientos y sus viejas cuerdas vengativas

. Con cada aliento, un nudo se rompe,

en la fibra de la bestia agazapada en las costillas,

¡la sangre recupera su ritmo!

Ofrezco a mi familia, hijos, parientes y amigos

los colores de días remendados,

como nidos de ternura acunados por el canto de un río en calma.

A los vecinos, a los lejanos, a los que se oponen,

envío una palabra que no tiene armadura ni bandera,

solo el cálido abrazo de un manto,

suficientemente suave para no ofender a nadie,

pero suficientemente vibrante para disolver las cargas,

para que el encuentro pueda respirar.

Incluso el otro que nos hunde en el infierno de las almas heridas,

y que aprisiona nuestras alegrías sin remordimiento,

e invade nuestras noches con sueños sangrientos,

recibe su parte, un espacio donde el odio disminuye,

como metal rojo sumergido

en el agua milenaria de la naturaleza en regeneración.

 

La paz no es un milagro elusivo.

Está esculpida en cicatrices.

Es una obra de carne y memoria, en el frágil espacio

que desvía nuestros destinos del borde del abismo.




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